Les Clémentiniers est une compagnie stéphanoise créée en 2026.

Sa démarche naît de la sensation que le théâtre est la demeure des fantômes. Le domaine de l’incarnation. Le lieu où l’encre et le papier deviennent chair et sang. Où les souvenirs se disent au présent, et où les morts renaissent.

Du sentiment qu’un théâtre est comme une salle de bal. Désert ou non, lorsque l’on y entre, au moment où l’on franchit le seuil de la porte, on ressent ces présences. Nos cœurs s’emplissent des échos qui résonnent des murs. Les éclats de rire, les pleurs des spectateurs, des acteurs, des danseurs, de tous ceux qui s’y sont succédés.

Nous espérons donc, par notre recherche et notre travail, pouvoir faire vivre les morts au milieu des vivants. Il s’agit bien de chercher, humblement, à les « faire vivre ». De ne pas nous contenter de contempler un tas de cendres et de convoquer ces voix outre-tombe.

Qu’y a-t-il sous ce tas de cendres ?

Qu’en émerge-t-il de vital ?

Que fait-on de nos morts ?

De leur voix, de cette mémoire, de leur engagement au présent !?

Il ne s’agit pas non plus de chercher à instrumentaliser une parole dite au passé et remise au goût du jour. Mais de tenter de nous questionner sur la façon dont la parole engagée ne peut être réduite au silence des morts qui l’ont porté toute une vie.

Il s’agit enfin de créer un pont sensible et poétique entre nos fantômes communs, ceux de l’Histoire, et nos fantômes plus intimes. Ceux de nos drames familiaux, ou ceux plus personnels encore. Un pont, en tout cas, entre notre mémoire commune et nos souvenirs. 

Que ces voix du passé, ces histoires enfin racontées, puisse lier les vivants au présent. Qu’elles nous permettent enfin d’appréhender l’avenir.

Le nom de la compagnie, Les Clémentiniers, s’inscrit directement dans cette démarche.

C’est un hommage.

Un hommage intime qui s’en trouve ainsi partagé.

Un hommage vital.

Car, au travers des morts, ce que nous espérons trouver, c’est la vie.

Puisse-t-elle être belle.